John Waters : 3 films pour découvrir son univers.

"Moi ?! Un freluquet pervers ?!"

"Moi ?! Un freluquet pervers ?!"

Cinéaste américain qui a commencé sa carrière dans les années 70, john nous pond généralement des œuvres trash au scénar décalé, avec un certain humour noir, glauque, voire bien lourdingue pour ceux qui n’arrivent pas à dépasser l’humour du second degré, et des personnages plus loufoques les uns que les autres. Vous voyez, le genre de personnage qu’on trouve dans les p’tits villages : le bedonnant Père Moutard les joues toujours rougies par l’alcool et qui sent le vinaigre parce qu’il ne se lave jamais, ou encore Josette la bigleuse qui sort toujours avec les mêmes vêtements qu’importe la saison, à savoir un bonnet, un long manteau et des moon boots violets en poils de lapin. Bien plus miséreux sont ceux de John Waters, qui ne manque pas de prendre des acteurs au physique peu conventionnel pour jouer dans ses films.

Pink Flamingos (1972)

Synopsis : Divine, travesti au corps sur-enrichi en lipides, se cache de la police sous le nom de Babs Johnson, vivant avec sa mère, son fils et sa petite amie dans une caravane. Encensée par la presse comme étant l’être le plus dégoutant du monde, la famille Marbles, composée de Connie, Raymond et leur majordome, compte bien se venger d’elle pour reprendre leur titre.

"Mmhh, j'me prendrais bien un steack tiens"

Un film subversif qui n’est pas à mettre au regard de tous. Scènes exhibitionnistes, pornographiques, immorales, scatologiques, cannibales, zoophiles (un poulet en est réellement mort…), toutes ces obscénités sont là pour nous montrer qu’un américain peut faire tout et n’importe quoi, et vivre n’importe comment, au nom de la liberté. Que ce soit avec la mère, incapable de bouger de son parc pour bébé vu son embonpoint, qui n’existe que pour manger des oeufs et n’attendant qu’une chose, que son livreur lui en apporte davantage ; ou le fils aux multiples perversions, qui ne cherche qu’à inover dans sa perversité avec différentes partenaires sexuelles pour satisfaire sa compagne ; ou encore les Marbles, disposés à toutes indécences, quitte à tomber dans l’illégalité.

"Ils sont bons mes œufs baby !!"

"Ils sont bons mes œufs baby !!"

"Avec un poulet s'il te plait !"

"Avec un poulet s'il te plait !"

A la pointe de la mode.

A la pointe de la mode.

"J'pense à me convertir"

"J'pense à me convertir"

Un film trash donc, avec un scénario vraiment simpliste qui nous démontre qu’on est prêt à tout pour devenir célèbre.

Desperate Living (1977)

Synopsis : Peggy Gravel, mariée, deux enfants, est atteinte de nevroses. Elle tue son mari avec l’aide de sa servante, Grizelda Brown, et s’enfuient toutes deux pour Mortville, terre d’asile pour les fugitifs gouvernée par la tyranique Queen Carlotta, où elles seront hébergées par deux lesbiennes : Mole Mc Henry et Muffy St Jacques.

"Mais non, ma femme se porte bien"

"Mais non, ma femme se porte bien"

"Enfoiré de Yankee !"

"Enfoiré de Yankee !"

Interdit aux moins de 16 ans chez nous, classé X aux USA, ce film aux images toujours aussi graveleuses (moins que Pink Flamingos je trouve) se caractèrise par un scénario assez décevant, qui débutait pourtant bien dès le générique. Une belle table bourgeoisement dressée par de jolies mains, qui apportent couverts en argent et verre en crystal, terminant par servir une sorte de furet cuit à point, que d’autres mains vont soigneusement découper pour être dégusté par leur propriétaire. Ce contraste, qui dénonce ce conformisme américain que l’on connait si bien, se poursuit dévoilant un quartier parfait avec une maison toute propre, mais où on y découvre, une fois à l’intérieur, une dame de ménage qui picole et vole du fric à son patron, une femme parano folle d’angoisse, et un mari trop relativiste. Tellement relativiste que lorsqu’il veut apporter de l’aide à sa femme en plein délire, il finit mort étouffé par l’énorme fessier de Grizelda, croyant porter secours à sa maîtresse.

"Touche pas à ma maitresse son of ..."

"Touche pas à ma maitresse Son of ..."

Après avoir écraser un chien déjà mort et rencontrer un flic qui aime se taquiner le goujon en portant de la lingerie féminine, elles finissent à Mortville, un vrai dépotoir pour criminels en fuite et autres raclures. C’est à partir de là que le rythme commence à s’aténuer. On reste quand même pour découvrir les autres personnages : Queen Carlotta qui n’est autre que l’actrice qui jouait Eddie, la mère de Divine dans Pink Flamingos ; Mole Mac Henry, la lesbienne masculine qui a attérrit ici suite à un combat de catch qui a mal tourné (sa tenue ornée d’un vagin géant est assez mémorable) ; et Muffy St Jacques qui a fuit sa vie après avoir tué sa junkie de babysitter dans de la paté pour chien parce qu’elle a fait l’erreur de laisser son enfant dans le frigidaire (et ouais, c’est pas nouveau les bébés congélo). Mais l’histoire en elle même reste assez médiocre.

"Hein ?! Le PSG a gagné ?!!"

"Hein ?! Le PSG a gagné ?!!"

"Grosse dinde à vendre !!"

"Grosse dinde à vendre !!"

A voir donc pour certaines scènes et des personnages toujours aussi déjantés. Quant aux âmes sensibles, abstenez vous.

A Dirty Shame (2004)

Synopsis : Sylvia Stickles est une femme tout ce qui a de plus ordinaire qui vit dans un quartier assez étrange, puisque de plus en plus d’habitants ne se gènent pas pour afficher publiquement leurs penchants pervers. Elle trouve ça dégoutant jusqu’au jour où elle se cogne violement la tête lors d’un accident de la route et devient une femme assoifée de sexe. C’est alors qu’elle rencontre Ray Ray, un gourou, qui lui annonce qu’elle est l’élue pour revaloriser le pouvoir du sexe dans le monde.

"Gros déguelasse !"

"Espèce de gros dégueulasse !"

C’est une comédie bien plus soft que ses films précédents, et donc accessible à un plus large public, (rien qu’à voir le casting, Ray Ray est joué par Johnny Knoxville, un des « cascadeurs » de Jackass). John Waters critique ici l’aspect puritain des américains avec les Ordinaires (Neuters en anglais), dont Sylvia fait parti, qui mannifestent contre tous ces dépravés du sexe, n’hésitant pas à qualifier le vagin comme étant l’axe du mal (un p’tit clin d’oeil à Bush ?).

On prend un certain plaisir à découvrir tous ces pervers sous les yeux de Sylvia. Son mari, Vaughn, pris en flagrante masturbation devant un magazine porno parce qu’elle n’a pas voulu le satisfaire d’un coït matinale. Sa fille, Caprice, une blonde exhibitionniste récidiviste en lirberté conditionnelle, enfermée dans sa chambre, qui a la caractérisitque d’avoir une poitrine digne de lolo ferrari. Les Bears ! Trois grands bucherons balourds venant d’emmenager dans le quartier qui n’arretent pas de lacher des cris d’ours pervers.

"Allez euh, juste trois minutes."

"Allez euh, juste trois minutes."

"Enfin une vraie conversation Mère/fille"

"Enfin une vraie conversation Mère/fille"

"Groarrr !!"

"Groarrr !!"

Et il n’y en a beaucoup d’autres : amateurs de triolisme, pervers s’excitant avec la saleté des autres (?), avec des aliments (?!), ou en se déguisant en bébé pour se faire talquer les fesses (…).

Dommage qu’au final le scénario tombe (encore) dans la facilité.

Je vous laisse la surprise de voir la guest star qui apparait à la fin donnant le coup de grâce au dernier Ordinaire le plus récalcitrant. Je peux juste vous dire qu’elle a joué dans Alerte à Malibu.

"No blow job !"

"No blow job !!"

Un film à regarder ne serait-ce qu’une fois, rien pour sa première partie assez drôle.

On a affaire à un John Waters qui s’est assagi depuis le milieu des années 80. Ses films underground aux scènes perverses se déstinent de plus en plus à un public moins ciblé, mais restent suffisament dans le registre de la provoc.

"Et j'ai pas fini !"

"Et j'ai pas fini !"

Si vous avez aimé, je vous propose Female Trouble dans le style de Pink Flamingos ainsi que Cecile B. Demented beaucoup plus modéré.

Sachez qu’il s’est attaqué à d’autres genres de films (qui sont pas ma tasse de thé, mais bon, les goûts et les couleurs hein). Une comédie musicale, Cry Baby, où se révèle Johnny Depp. Serial Mother, un thriller où une femme au foyer pète un câble. Ou encore Hairspray, un teenmovie que je n’ai point vu.

Pour ce qui est de ses actualités, un nouveau film est en préparation qui s’intitulera Fruitcake.

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