Taken, le polar internationalol.

taken

Quatre ans après Banlieue 13, Pierre Morel double son expérience de réalisation cinématographique avec Taken, polar à tendance glauque dans les rues de Paris et emmené par la statue Liam Neeson. Et l’occasion pour le français de confirmer un certain talent dans la direction de scènes d’action, mais tout ceci dans un mépris évident du traitement scénaristique dont résulte un nauséaux sentiment de démagogie sécuritaire. Décryptage.

Fraîchement retraité des services secrets américains, Bryan (Liam Neeson, donc.) vient s’installer à Los Angeles pour tenter de retrouver toute la consistance de son rôle de père auprès de sa fille Kim qui vit là avec son ex-femme Lenore, remariée à un riche plébéien. Mais la fille -à l’image de sa mère- est rancunière vis à vis d’un homme qui l’aura délaissée la plus grande partie de sa vie au nom de sa carrière. En gros donc, Bryan s’ennuie péniblement. Mais heureusement pour ce dernier, après un barbecue où il aura expliqué laborieusement les raisons de son retrait de la vie active, les anciens copains de l’escouade de choc lui proposent un job : les aider dans leur mission de sécurité pour le concert d’une idole pop pour teenagers. Bryan accepte et, glorieuse retombée du destin, trouvera du crédit auprès de la bimbo après avoir pété le bras d’un méchant qui tenta de l’agresser en coulisses. La diva propose au gentil Bryan d’aider sa fille chérie dans son rêve de devenir chanteuse. Jackpot ! Voilà l’occasion inespérée d’enfin retisser le lien d’amour filial avec Kim. Et comme décidément tout se goupille bien, cette dernière l’appelle dans la foulée pour lui proposer un dîner. Bryan est heureux. Mais Bryan va déchanter dès le lendemain : le dîner n’est qu’un prétexte pour que sa fille et son ex-femme lui fassent signer un document permettant à la jeune fille mineure de sortir du territoire national afin de se rendre à Paris avec son amie Amanda dont les cousins résident dans la place. Bryan refuse, en père attentionné et conscient des risques de laisser deux gamines voyager seules dans un monde tout sauf sécuritaire. Kim quitte la table, Lenore fait la morale, Bryan reste comme un con. Et comme il n’aime ni ça, ni que sa fille soit fâchée après lui, il finit par accepter de signer le foutu papier mais sous plusieurs conditions dont celle que Kim l’appelle une fois par jour. Et la grâce revient toucher Bryan qui a le droit à l’honneur de conduire sa fille à l’aéroport. Là où il apprendra que la visite aux cousins de l’amie se révèle être la tournée européenne de U2. Soit. Ce n’est malheureusement que la première contrariété pour Bryan, puisque que quelques heures après, il assiste en direct et par téléphone au kidnapping de Kim et Amanda, qui se sont laissées pigeonner à la descente de l’avion et qui ont mené un rabatteur jusqu’à leur appartement passager de la capitale française.

18886473_w434_h_q80
Voilà pour le semblant de mise en place des personnages. Linéaire. Pour la suite, Bryan prend le premier avion pour Paris et débarque pronto pour récupérer sa fille et punir les méchants, et rien ne se mettra en travers de sa route. Sur fond de trafic de femmes par des vilains arméniens agissant sous la complaisance d’autorités françaises compromises, Morel lâche les chevaux et met en scène un film qui se veut plein d’adrénaline, glauque et sans concession. On doit reconnaitre que le tout est relativement bien filmé et cadré de manière assez dynamique pour qu’on se laisse prendre au jeu. De plus, Neeson assure une belle présence devant l’objectif, ce qui est certainement le seul point vraiment positif du film. Pour le reste ? Caricatures sur caricatures. Méchants impuissants et flics incompétents se font littéralement démonter les hanches par l’ancien soldat d’Oncle Sam, qui va échapper à la mort pour finalement sauver sa fille. Et ouais, je spolie. Sorte de Jack Bauer version série Z, le film de Pierre Morel peine à convaincre tant son traitement est léger, Liam Neeson se contentant de tout péter à la recherche de sa fille, reléguant tous les autres -et surtout les putes- au rang d’expédients courants. Mais l’essentiel est sauf, Chuck.. euh Bryan, finit par reconquérir l’amour de sa fille dans un happy ending tout ce qu’il y a d’émouvant. Si, si.

Il y a des papas qu'on aimerait ne jamais avoir mis en colère.

Il y a des papas qu'on aimerait ne jamais avoir mis en colère.

Bienvenue dans les folles nuits parisiennes.

Bienvenue dans les folles nuits parisiennes.

Bref, si on a retrouvé la réalisation efficace -dans son style- de Banlieue 13, on a également retrouvé les lacunes du producteur/scénariste Luc Besson, qui se grille de plus en plus à chaque sortie dans le registre. Divertissement sous-calibré mais suffisamment porté par Neeson pour se laisser regarder jusqu’au bout avant d’être oublié de tous.

En espérant que le duo Morel/Besson ne prépare pas un tryptique ?

Publicités

4 réponses à “Taken, le polar internationalol.

  1. Maté récemment, un soir de pluie.

    Assez d’accord avec toi, plutot bien filmé, mais le reste est de bien piètre qualitée.

    Je sais pas trop ce qu’ils ont voulu faire… Un Steven Seagal à Paname ? Neeson joue bien son rôle, qui porte parfois au ridicule.

    Par contre, j’ai été agréablement étonné lors du passage où il tue sans pitié la femme de son ex collègue. Assez inatendu, et plutot sympatique.

    Bref, carton orange, comme d’habitude, pour Morel et surtout Besson qui n’a pas l’air de comprendre ses erreurs au fil des années.

  2. Vu hier. Que rajouter à cette critique fort bien ficelée ?Bah…rien.
    Notons au passage que les mafiosi albanais sont très très méchants (ouh! Même les Russes les fuient comme la peste bubonique, c’est dire!), que la haute flicaille française, pour cause de baisse du pouvoir d’achat, est corrompue aux entournures, fermant ainsi les yeux sur une ignoble traite des blanches en plein Paris (si, si, avec Yachts-péniches naviguant gentiment sur la Seine)…Heureusement que le brave Yankee débarque ici pour remettre un peu d’ordre, Liam, reviens, la France à besoin de toi!!!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s