Ligue 1 Orange, bilan et perspectives hexagonales.

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Profitons de cette coupure de quinze jours entre la 21ème et 22ème de notre Ligue 1 pour faire un bilan des équipes engagées à (presque) mi-parcours et avant deux journées qui pourraient s’annonçaient décisives à tous les étages du championnat. Et ce qu’on peut déjà dire, c’est que si le suspense est traditionnellement au rendez-vous pour la descente depuis quelques années, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas connu telle excitation en ce qui concerne la course au titre et à l’Europe. Décryptage.

Olympique Lyonnais : la chute des serials winners ?

Première évidence : rarement Lyon n’aura paru aussi fragilisé depuis qu’il a démarré sa marche victorieuse sur les terrains français. Adieu le jeu flamboyant et offensif de l’ère Houiller (voire Le Guen), la cuvée 2008/2009 est placée sous le signe de l’austérité : rigueur défensive, pressing, lignes resserrées et pris de risque minimale. Au moins, Puel reste fidèle à ses convictions lilloises. Pour un résultat assez morne, qui va permettre à Aulas et Lacombe de pleurer encore un moment sur la faible popularité de leur club dans le cœur de nos chers compatriotes.

Mais la vérité du terrain est là : ce Lyon là est probablement en régression avec des anciens comme Cris et Juni sur le déclin, des erreurs de casting criantes à l’image de Grosso, Piquionne, Keita ou, à moindre mesure, Boumsong et un recrutement qui affiche ses limites : Ederson tarde à confirmer tout le bien qu’on pense de lui et Pjanic encore en apprentissage. Makoun est la seule réelle satisfaction. Si en plus on compte Fred qui fait franchement sa salope et l’étrange malédiction qui frappe l’effectif lyonnais d’un abonnement récurrent à l’infirmerie (Bodmer, Clerc, Réveillere, Fabio Santos, Pjanic, et maintenant Govou.), alors oui, ça fait assez d’ingrédients pour fragiliser l’édifice lyonnais. D’autant plus dans un vestiaire qui serait désuni, à en croire les récentes déclarations de Sidney Govou dans l’Equipe.

Mais aussi poussif soit-il, l’Olympique Lyonnais est pour l’instant en tête de la Ligue 1, accroché bec et ongles à la perspective d’une  huitième couronne de champion d’affilée. Car oui, les lyonnais sont des winners, et ils ont/auront encore cette année les atouts pour le confirmer : Benzema confirme son potentiel de futur Ballon d’Or, Juni préservé et de nouveau décent avec sa nouvelle coupe de cheveux, Cris retrouve un niveau de forme suffisant pour nous rappeler qu’il a été le meilleur défenseur de notre championnat, Toulalan reste Toulalan, les retours massifs programmés de l’infirmerie, Benzema, et une élimination prématurée de la Champion’s league, face à l’ogre catalan.

Si Lyon doit être déchu cette année, reconnaissons que son bourreau aura de la gueule, sacrément de la gueule pour les mettre KO.

Bordeaux, un remake en forme d’happy end ?

On prend les mêmes et on recommence. Comme l’an dernier, les girondins apparaissent comme le concurrent le plus sérieux de Lyon. Déjà sur les talons du sextuple champion de France avec seulement une longueur de retard (41 points contre 42 aux troupes de Puel), Bordeaux se prend à rêver du titre. Après avoir échoué l’an dernier pour deux confrontations directes perdues (0-3 et 2-4) face à l’OL, Bordeaux est néanmoins reparti sur les mêmes bases, sûr de son potentiel. Pas de folies pendant le mercato estival : Jemmali, Micoud (tous deux en fin de contrat) et Alonso partis ont été remplacés quantitativement par Placente, Gourcuff et Gouffran. Si on peut émettre des réserves sur la relance de l’argentin et la lenteur que met l’ancien caennais à confirmer ses promesses de l’an dernier, Gourcuff aura lui fait l’unanimité, au point de venir s’installer en sélection nationale à la place d’un Nasri ou d’un Ben Arfa. Pas dégueu, le fils Gourcuff. Complet, l’ancien pensionnaire de San Siro étonne autant pas son aisance technique et sa vision du jeu que par son abattage défensif au milieu et sa régularité physique. Et en plus, il marque. Ancien taulier de Rennes à l’époque des Kallstrom, Utaka ou autres Frei, le breton n’aura pas eu besoin de véritable temps d’adaptation dans son nouvel effectif.

Effectif qui surprend lui aussi par sa qualité. Si on excepte les cas Gouffran et Bellion, décevants, et les gardiens pas vraiment exemplaires pour l’instant, tout le reste a une sacrée gueule de terreur du championnat. Chalmé, Planus (ou Henrique), Diawara et Trémoulinas pour la défense. Diarra, Gourcuff, Jussié le revenant et Wendel au milieu. Chamack et Cavenaghi devant, pour ce qui semble parti pour être la meilleure saison de leur carrière. Ce qui laisse sur le banc des joueurs comme Fernando ou Gouffran. Le tout sous la houlette du président Laurent Blanc, adepte du beau jeu et de la prise de risque. Comme ce match à Monaco avant la trève hivernale à Monaco : menés 0-3 à la mi-temps, l’entraineur girondin remanie son équipe avec notamment deux pointes, et paf, 4-3 au coup de sifflet de final. Et même tarif offensif pour la reprise et la réception de Paris : 4-0, et un nouveau costume de favori sur les épaules.

À ceux qui les annoncent trop beaux, les girondins auront l’occasion lors des deux prochaines journées de leur donner tort, avec la réception de Lille et le déplacement au Vélodrome la semaine suivante. Pour avoir le droit d’y croire encore davantage.

La meute des poursuivants

Si la lutte pour le titre apparaît clairement être le sujet de la doublette Lyon/Bordeaux, la course à la troisième qualificative pour la Champion’s League va faire des morts sur le bord des stades de Ligue 1. Entre Marseille, troisième avec 38 points et Lille, septième avec 35 points et un match en retard, les places vont être chères. On pourrait même ajouter à ce groupe de poursuivants l’OGC Nice, huitième avec 33 points mais également un match en retard au compteur. Passionnant.

Notons déjà qu’hormis le naufrage stéphanois, il n’y a pas vraiment d’absents dans ce premier tiers du classement. On retrouve tout d’abord Marseille, qui sans être aussi flamboyant offensivement et malgré ses sempiternels égarements défensifs, reste en pôle pour une troisième qualification de suite en Champion’s League. Et si les difficultés rencontrées ses derniers mois mettent en exergue un recrutement en demi-teinte (Erbate et Samassa sont des foirages complets, Hilton, Koné et Ben Arfa pas aussi bons qu’on pouvait l’espérer) et feraient même regretter le départ de Cissé, gageons que l’Ohème va retrouver son football, aidé par le retour de Niang, attendu comme un messie sur le front de l’attaque olympienne. En attendant, les marseillais pourront juger du niveau de leurs deux nouvelles recrues Brandao et Wiltord. En priant pour que seul le nom du brésilien nous rappelle Douglao(sic). Le favori logique pour le dernier ticket pour la coupe aux grandes oreilles.

Derrière, Rennes retrouve son statut d’outsider après une impressionnante série d’invincibilité de 18 matchs, stoppée brutalement le week-end dernier sur le terrain du LOSC. Mais les rennais ont les ressources pour rebondir avec un effectif solide et physique à l’image de sa ligne défensive (Mangane !), Douchez en très grande forme, et ses magiciens offensifs Pagis et Leroy, capables de faire basculer n’importe quelle rencontre. Certainement l’équipe la plus physique du championnat. Seul petit bémol : l’absence (tout comme Lille) de véritable numéro 9 devant, car il faut le dire : Briand est loin d’être un finisseur de talent.

Lille, même si pourtant l’instant « seulement » septième, est en embuscade derrière, avec son match en retard comme possible tremplin pour accéder à la lutte pour la Champion’s League. Lille, c’est indéniablement l’équipe la plus chiante à jouer du championnat. Très difficile à déstabiliser, collectivement rugueuse et discplinée, le LOSC a le culot d’en plus savoir jouer au foot. Bien joué. Porté par son milieu magique Bastos-Mavuba-Cabaye-Balmont-Obraniak, le groupe de Rudy Garcia peut prendre la maîtrise d’à peu près n’importe quelle équipe du championnat. Dominateurs au milieu donc, les Dogues possèdent également une ligne défensive solide, symbolisée notamment par les prestations très convaincantes de Rami dans l’axe. Seul bémol, l’absence de De Melo prive Garcia d’un vrai buteur pouvant concrétiser les bonnes prestations de son effectif.

Suit derrière le PSG, sixième et ressuscité depuis cet été. Hop, deux joueurs d’expérience (comprendre de vestiaire)avec Makelele et Ludo le feu follet, et deux espoirs (Sessegnon et Hoarau) incorporés à l’effectif parisien et la vie redevient belle au camp des Loges. Même si le club de la capitale a des limites sportives évidentes, Paul Le Guen arrive pour l’instant à tirer parti des forces de son groupe, avec le retour en grâce de Landreau, un Ceara bien meilleur que l’an dernier, Mak’ qui apporte une certaine sérénité au milieu, Sessegnon parfois brillant à l’animation, et Hoarau. Tout ça ferait presque oublier le flop Kezman ou la disparition de Rothen, qui nous gratifie de sa plus mauvaise saison sous les couleurs parisiennes. Encourageant renouveau cependant, en espérant pour eux que la crise Villeneuve/Bazin ne vienne pas remettre tout ça en question…

Calé au milieu de ce groupe de cadors, Toulouse, cinquième et surprise de ce championnat cuvée 08/09. Le groupe du débutant Casanova à ce niveau surprend à chaque match, affichant de réelles volontés de bien jouer, de jouer beau. Délestés d’Emana et Elmander, on prédisait pourtant le pire au groupe toulousain. Que nenni, un Didot revanchard débauché de Rennes à l’animation et un Gignac retrouvé (et meilleur buteur du championnat) après une saison fantomatique, et paf, Toulouse retrouve l’état d’esprit et le niveau qui avaient fait de lui l’improbable troisième de l’exercice 2006/2007.

Les tranquilles du ventre mou, dont tout le monde se fout (ou presque)

Ils sont trois à ne pouvoir, selon toute vraisemblance, ni prétendre à une place européenne ni à une place dans la charrette pour la Ligue 2. Ils se nomment Lorient (28 points), Nancy et Le Mans, 25 points et un match en retard chacun. On leur associera Caen, 13ème  Ni particulièrement intéressant, ni alarmant.


Le groupe de ceux qui vont galérer, sévère

Soyons francs, Le Havre, lanterne rouge avec 12 points, 15 défaites et une différence négative de 23 pions est déjà mort. Historiquement aucun club n’a jamais remonté un tel handicap, et l’effectif d’Hantz paraît bien loin de pouvoir réaliser des miracles. Pour l’accompagner au purgatoire Ligue 2, on peut penser que Sochaux, 18ème, ne réalisera pas de second miracle comme l’an dernier et tombera cette année. La dernière place paraît difficile à attribuer. Excluons d’emblée Sainté, parce que Perrin, et mine de rien un effectif loin d’être vilain. Nantes devrait également se sauver, grâce à Baup et sa casquette magique. Et son expérience toulousaine de l’an passé. Monaco s’en sortira aussi, pour la beauté de son effectif polyglotte.

Non, vraiment, tout devrait se jouer entre Valenciennes et Auxerre. Le club bourguignon qui n’avance plus depuis quelques mois (8 matchs sans victoire, dont 6 défaites), incapables de marquer des buts et avec un Jean Fernandez qui semble cruellement manquer de solutions dans son groupe. Valenciennes à contrario semble retrouver une certaine dynamique, et tout le monde espère qu’ils se sauveront pour Darcheville. Rock’n’roll.

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