A la rencontre de Radius System.

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A l’aube de la nouvelle année et pour fêter la sortie de leur nouvel EP, Almost Nothing, OwShitz part à la rencontre du duo qui se cache derrière le groupe de rock Radius System. Initialement catalogué rock électro à la sortie de Changes (2004) et Work in Progress (2005), le groupe s’oriente vers un son plus aérien et diffus avec la sortie de Escape/Restart en 2007. Retour donc, avec Axel (basse et chant) et Gregory (batterie, guitare, chant, samples et claviers), sur un des groupes français indépendants les plus intéressants du moment. Bonne lecture !

– Tout d’abord, quel est le parcours scolaire et/ou professionnel des membres de Radius System avant de plonger dans le monde de la musique ?

Axel : Avant et pendant, je me suis intéressé au cinéma, puis à la vidéo. Mes études (brillantes) vont dans ce sens.

Gregory : On a fait tous les 2 un Master qui touche à la fois à la musique, au cinéma et au multimédia. Le genre de truc qui est fait pour des gens comme nous, qui ne veulent pas choisir et tout essayer !

– Avez-vous suivi une formation musicale spécifique ?

G : Non pas du tout, on est plutôt autodidactes dans l’esprit.

A : 6 ans de saxophone, mais un niveau de débutant selon l’aveu du prof de l’époque.

G : Aujourd’hui encore, on voit que la blessure est toujours existante, haha ! J’ai eu quelques années de cours de batterie il y a très longtemps, mais c’est tout. Pour nous, il y a une différence entre apprendre un instrument, et juste faire de la musique. On s’en fout de savoir jouer « Stairway to heaven » au coin du feu, nous ce qui nous botte c’est juste de faire nos morceaux, sans se prendre la tête avec les codes de la pratique musicale classique établie.

– Même si vous auriez plutôt tendance à vous qualifier comme un groupe de rock, Radius System est souvent affilié à la mouvance post-rock. Votre connexion avec le label Lostchildren tend d’ailleurs en ce sens. ça vous parait cohérent ?

A : Non, non, non, nous on fait du rock, du vrai rock, avec Sean Connery.

G : C’est salaud, toi tu fais toutes les réponses marrantes et moi je dois être sérieux du coup ! On ne se considère pas comme une formation post-rock, mais l’étiquette ne nous dérange pas car comme tu le dis, c’est assez cohérent avec la musique que l’on fait et la façon dont on la présente. Après je dois avouer que lorsque j’ai contacté Lostchildren ce n’était pas spécialement dans cette optique là. C’était simplement parce que pas mal de leur sorties me plaisaient. Et puis on trouvait ça plus excitant d’être entourés de groupes anglais, car en France ce style de musique n’est pas bien compris.

-Et d’abord, c’est quoi le post-rock pour vous ? Dans un genre qui regroupe des artistes tels que Explosions in the Sky en allant à Pelican, quelles sont vos influences les plus fortes ?

G : Jusqu’à présent le groupe qui nous a le plus marqué est Oceansize, qui n’est pas vraiment un groupe de post-rock, même si certains de leurs morceaux correspondent à cette esthétique là. Mais ça colle bien à nos influences, qui se situent toujours entre 2 eaux : Yourcodenameis:milo pour certains est un pur groupe de post-hardcore alors que pour d’autres c’est juste un combo indie-rock sans prétention ; Codeseven ont un passé vraiment hardcore, et pourtant leurs dernières sorties ont clairement un esprit pop. Je crois qu’en fait aujourd’hui le terme « post-rock » a remplacé celui de « rock alternatif » pour définir rapidement les formations qui tentent de sortir le son rock de son carcan habituel.

A : Du rock qui distribue le courrier ? Du rock Zombie ? C’est à la fois tout ça et pas du tout ça.

– Sorti en mai 2008, entièrement auto-produit et marqué par une gestation de 3 ans, l’album Escape/Restart marque une orientation nouvelle dans la ligne artistique du groupe avec notamment l’idée originale d’associer un artwork à chaque morceau. Quel a été le cheminement qui vous a amené à cela ?

A : En fait, ça va même plus loin, c’est l’idée d’associer une image à un passage précis d’une chanson. Ça vient de notre envie de rapprocher l’image du son, de les travailler plus en collaboration, tout simplement.

G : Au départ ça devait aller encore plus loin… Le fait de ne pas être un groupe ou de ne pas faire de concerts nous pousse à chercher d’autres manières de présenter notre musique. Le but ce serait d’avoir au final pas juste un son mais carrément un « univers » Radius System – ça sonne un peu prétentieux, mais c’est surtout dans l’optique d’essayer de faire les choses différemment sans imiter les « vrais » groupes.

– D’un point vue marketing, pourquoi le choix d’une diffusion gratuite et exclusivement sur le net ? Pur choix artistique, ou contrainte économique ?

A : Ni l’un ni l’autre, on veut juste être écoutés pour l’instant. Au départ, quand on crée la musique, c’est pour être écouté… Donc c’était la meilleure solution pour qu’on nous écoute, et pour éviter des trucs du genre « j’adorerais écouter, mais là tu vois, 10 euros… enfin je me ferai une idée sur myspace… ».

G : Moi je dirais les deux ! Ce n’est pas une décision qu’on a prise tout de suite, on a longtemps réfléchi à la meilleure manière de sortir le « disque ». Le téléchargement libre nous a paru la meilleure solution pour avoir une large diffusion à moindre coût. Et l’album se prêtait plutôt bien à ça, étant donné qu’il est assez facile d’écoute, avec peu de titres. On ne voulait surtout pas se retrouver avec 500 CD sur les bras, et n’en vendre que 50. C’est juste du pur gaspillage de temps et d’argent…

– Vous avez d’ailleurs fait le même choix de diffusion pour votre dernier EP, Almost Nothing, sorti juste avant Noël. Vous pensez que le fait de le sortir gratuitement a facilité vos négociations avec Pascal Nègre au sujet des remixes que vous y avez inclus (Portishead, Radiohead, I’m from Barcelona) ?

G : Pour l’EP c’était dans un cadre différent, car cela venait d’une demande de Visual Music qui voulait inaugurer leur projet de Maxi Gratuit pour leur webzine. Au départ il devait s’agir de faces-B de l’album, et puis le temps passant nous avons voulu intégrer des choses plus nouvelles, qui correspondent plus à ce que nous sommes aujourd’hui.

A : Pascal Nègre, « Niggerou », comme on l’appelle, est un ami. Il ne dira rien (voix mystérieuse), j’en fais mon affaire.

– En ce qui concerne la production de ce nouvel EP, vous avez continué à l’enregistrer dans votre « Feels Like Home » Studio, ou bien avez-vous cette fois fait appel à des ressources extérieures ?

G : On enregistre toujours à la maison. Désormais j’arrive à avoir le rendu dont on a besoin, donc la nécessité d’aller autre part ne se fait pas sentir. Par contre pour l’étape du mastering, depuis « Escape / Restart » nous faisons appel à un professionnel, car cela demande une pratique et du matériel que je n’ai pas. Pour l’EP j’ai fais le mastering moi-même en attendant, car de toutes façons les morceaux ne seront jamais qu’en MP3.

-A l’écoute de ce nouvel opus, on remarque un son plus ‘noisy’ et l’utilisation plus importante de vocals que pour Escape/Restart. Qu’est-ce qui a évolué dans votre approche musicale ?

A : Euh…Greg chante mieux, donc on peut enfin arrêter de le sous-mixer.

G : On rigole hein, mais c’est effectivement la raison principale ! En fait tous les morceaux du prochain album, et donc les 3 nouveaux présents sur l’EP, sont déjà composés depuis presque 2 ans. On les avait mis de côté car ils ne convenaient pas à l’ambiance de « Escape / Restart ». Je ne sais pas vraiment si ils sont révélateurs d’une évolution, ils sont justes différents. Les morceaux d’Esc / Rst étaient assez rêveurs avec des paysages assez irréels, ceux-ci sont plus ancrés dans la réalité, plus « crus ». Pour la plus grande présence des voix, ce n’est pas du tout voulu, je pense que tu as du avoir cette impression à cause du format court de l’EP, sur lequel on a forcément mis des titres plus « accrocheurs », plutôt que de longues plages instrumentales.

– On sait que le prochain opus bénéficiera, lui, d’une sortie physique dans les bacs. On le coche sur notre agenda pour quelle date ?

A : Oulah !

G : Dans les bacs, ça je ne pense pas car ce sera sûrement un truc assez confidentiel. Pour l’instant on ne s’est fixé aucune deadline, mais ce qui est sûr c’est que ça ne sera probablement pas avant l’été prochain. La plupart des prises sont faites depuis plusieurs mois, mais nous sommes dans une période où nous devons nous consacrer à d’autres projets (autant musicaux que graphiques) plus urgents.

– A l’annonce de la diffusion d’Escape/Restart, vous annonciez comme futur projet la réalisation d’un film d’animation de 46 minutes, composé de l’enchaînement des clips de l’album. Où en êtes-vous ?

A : Nulle part, c’est beaucoup trop long, il faudrait plus de gens, mais on continue la vidéo ! On est entrain de créer le Radius Lab, qui est une sorte de structure pour expérimenter des vidéos et réaliser des clips pour nous, mais aussi pour les autres.

G : Finalement nous ne sommes pas allé au bout de l’idée, car avec le recul on s’est dit que pour un groupe aussi inconnu que nous, c’était quand même beaucoup de boulot pour assez peu de visibilité au final !

– Quels sont vos partenaires pour ce projet ? Et quelles sont les principales difficultés rencontrées ?

A : Ben, pour l’instant, sur les travaux vidéos, nous sommes deux réalisateurs, Greg et moi, un graphiste (qui rêve en secret d’être une légende du heavy métal), Antoine, et deux techniciens-sauveurs, Vincent et Jean Philippe. On va bientôt créer un site, un myspace et tout et tout pour présenter à la face du monde nos travaux (ou exploits, au choix) déjà réalisés, ou à venir. Le plus ambitieux étant pour l’instant le clip de Time to burn, prévu pour février.

G : On va dire mars, plutôt ! Dans un esprit plus à l’arrache, on vient aussi de terminer un clip pour M83, dans le cadre du concours « We own the sky ».

– Pour conclure, la question incontournable d’OwShitz! : Lasagnes ou raclettes ?

G : RACLETTE ! Le fromage c’est la vie !

Le site web de Radius System.

Le myspace qui va bien.

Télécharger Escape/Restart et Almost Nothing !

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8 réponses à “A la rencontre de Radius System.

  1. bon boulot et bonne interview, merci à eux !
    petit regret cependant, t’aurais pu placer une question sur time to burn qui est clairement plus interessant, mais c’est qu’un avis personnel

  2. yeah je kiffe!
    Mais surtout j’adore/dhère le/au concept des images qui correspondent à des moments dans l’album Escape / Restart.

  3. Pingback: Et le clip cadeau. « Ow… SHITZ !

  4. Pingback: Quand Radius System se transforme en Painting By Numbers «

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