Skins, une saison 3 de trop ?

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Après deux premières saisons auréolées d’un joli succès d’estime auprès du public et de la presse, qui voient alors en Skins le meilleur teen drama du moment (bon, en même temps la concurrence c’est Gossip Girl.), la chaîne britannique E4 décide donc de rempiler pour une troisième cuvée, malgré la fin de sa génération dorée. Renouvellement de casting donc, et l’occasion de faire le point à presque mi-saison. Fear.

Skins, des bases largement réaménagées

Souvenez-vous : à la fin de la diffusion du season final de Skins l’an dernier, E4 nous proposait un court teasing pour annoncer la saison 3. On y voyait notamment les personnages d’Effy (la petite sœur du héros Anthony Stonem) et Jal qui appelaient les jeunes acteurs en quête de gloire à venir participer aux castings en vue de sélectionner les futurs protagonistes de la série. Et bien, première surprise : pas de miss Jal au cast de cette saison 3, mais Effy Stonem (Kaya Scodelario) est bien là pour reprendre le flambeau de la jeunesse de Bristol, yeah. Et, misère, elle est accompagnée de sa comparse Pandora (Lisa Blackwell). On rajoute à ce duo la présence des parents Stonem, et nous voilà complets pour ce qui est des vieilles connaissances.

Pour ce qui est du neuf, la série renouvelle son panel de personnages avec donc 4 garçons et 3 filles originales : Cook, Freddie, JJ et Thomas pour les testicules, Naomi et les jumelles Katie et Emily pour le beau sexe. Avant d’attaquer le profil de cette joyeuse bande plus en bande, notons déjà que contrairement à la première génération de Skins qui mettait en scène un groupe de jeunes déjà liés et amis dès le premier épisode (excepté Cassie), cette cuvée 2009 présente presque par antagonisme un trio d’amis masculins (Freddie-Cook-JJ) opposé à la bande des filles, Thomas jouant pour le moment un rôle d’électron libre dans cette structure. Mouais, pas tant que l’idée soit mauvaise, on reprochera plus à la série qu’elle aborde le rapprochement entre ces girls et ces boys sous le seul angle de la sexualité brutale (Cook, Effy) ou désespérée (Pandora). Et c’est là que l’intention, louable, de renouveler un concept bien rodé commence à sentir le moisi, il faut bien le dire.

Des personnages agaçants ou effacés, parfois les deux en même temps

Effy : Fascinante par son côté chimérique durant les deux premières saisons, la petite soeur d’Anthony Stonem montre hélas de vraies limites dans sa capacité de leadership. Rendue mystérieuse par son mutisme auparavant, Effy en garde un vrai côté taciturne. Mais on ne peut s’empêcher de se demander si Effy ne parle pas par refus d’être partie intégrante d’une société de sur-communicaton qu’elle déteste, ou si elle n’a juste rien à dire ? Espérons que par le biais de sa relation avec Pandora (qui a dit Tone/Sid ?), Effy gagnera en maturité et s’ouvrira un peu plus parce que bon, le stéréotype de l’adolescente déracinée dans un monde qui part en couille, okay. Et en plus, c’est très mal joué.

Pandora : Le faire-valoir d’Effy. Parfois touchante par sa naïveté, souvent irritante, toujours ridicule. On attend qu’elle s’affirme et gagne en maturité, et qu’elle dévoile par la même un potentiel intéressant. Mais diable, qu’ils arrêtent de la faire putain de vomir dès qu’elle tire sur un pétard !

Naomi : Le personnage féminin dont on en sait le moins, sinon que la jolie blonde possède un fort caractère et une langue bien pendue. A part quelques baisers coquins avec une des jumelles, on attend d’en savoir plus pour se faire une idée du personnage.

Katie & Emily : Peut-être les personnages qui nous montrent à quel point la série à perdu en maturité. Mis en avant comme caution sensuelle de la série dès le premier épisode malgré leur physique prépubère; les soeurs Fitch sont caractérisées par des caractères opposés. Katie la pouf’ extravertie populaire et hétéro, Emily l’effacée et homosexuelle. Superficielle avec son looser de boyfriend footballeur pour Katie, un caractère plus réfléchi pour une Emily qui se cherche, on se demande franchement -au delà de la drôlerie de l’opposition- où va mener cette dualité bancale et stéréotypée.

Freddie : Le skater de la bande, belle gueule, on pouvait penser initialement qu’il serait le leader naturel des garçons. Mais pour le moment son personnage est totalement effacé par la grandiloquence de Cook. Farouchement épris d’Effy et ouvertement en désaccord avec les extravagances de son ami Cook, on attend impatiemment que Freddie sorte de sa réserve. Ou pas, ouais.

Cook : Alcoolique, surcamé, grande gueule, bagarreur, têtu et sexuellement plus qu’éveillé, Cook est la caution trash de Skins. cuvée 09. Et surtout le cachet improbable. Irritant à souhait, le personnage excelle dans l’art de la démesure, qu’il ait décidé de s’amuser ou soit carrément colère. Les scénaristes ont d’ailleurs esquissé un début de piste dark pour l’orientation de son développement scénaristique. Que ceux qui y ont adhéré lèvent la main, puis quittent la salle.

JJ : Gueule de nerdz, comportement de bizuth, mais à quoi sert donc JJ ? Eh bien, il est -pour l’instant- surtout là pour consolider le rôle de leading character de Cook. Car oui, il y a du Sid/Tony dans la relation de ces deux personnages. A ceci près que Sid était intégré de facto dans la bande et n’avait pas peur des femmes, et il était putain de classe comparé à JJ le magicien.

Thomas : Personnage masculin le plus intéressant jusqu’à présent. Fraichement immigré à Bristol depuis le Congo, Thomas apparaît peut-être comme pouvant être le liant authentique entre filles et garçons, grâce à sa fraicheur et sa simplicité. Et il a un accent rigolo quand il parle en français, ça nous suffit.

John White : Le méchant des premiers épisodes. John est un gangster reconnu de manière notoire, adepte du sadomasochisme en privé, et accessoirement passionné par l’art de traquer, terroriser, menacer puis se faire corriger et humilier par des jeunes adolescents. Il finira par perdre la face dans un concours de piments. What the fuck ?

Pourquoi regarder la suite ?

Disons-le clairement : si cette preview peut paraître acerbe et totalement à charge, je regarderai la suite de Skins version 2009. Pour une simple raison : tout comme les deux saisons précédentes, il subsiste l’espoir farouche que la série décolle en fin de saison et démarre enfin un nouveau cycle, après nous ayant -laborieusement- fait faire connaissances avec la nouvelle petite bande de Bristol. Et parce qu’ils n’ont pas le droit de nous laisser sur une telle frustration.

We’ll see.

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8 réponses à “Skins, une saison 3 de trop ?

  1. D’accord dans l’ensemble. Les acteurs sont stéréotypés à en vomir à la limite d’être pathétiques.
    Je trouve cette saison complètement foireuse, pas en raison du remplacement des acteurs, juste pour la « foireusité » de la réalisation, du surréalisme, de l’idiotie (le rôle de John White est complètement à côté de la plaque).
    Bref, j’avais bien aimé les 2 premières saison sans non plus rentrer dans la vénération mais celle-là, il faut le dire, pue du jus de tong!

  2. Pingback: Skins, à nous les p’tites Américaines ! « Ow… SHITZ !

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