Ligue 1 Orange : le bilan final, partie 1.

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Entre les sourires girondins, l’amertume marseillaise et les larmes de Caen, Nantes et du Havre (larmes séchées depuis janvier, ceci dit), la Ligue 1 a offert samedi son dernier spectacle de la cuvée 2008/2009. Pour fêter cette belle saison riche en émotions et enseignements, OwShitz se propose de vous emmener faire un tour d’horizon des 9 premiers clubs de l’élite hexagonale dans cette première partie, avant de nous concentrer sur le bas du classement en fin de semaine. Youpi.

1.Bordeaux :

Même si certains pourront arguer que le parcours des champions de France 08/09 s’est achevé dans la douleur et au forceps, il serait réducteur d’oublier à quel point le niveau de jeu des hommes de Laurent Blanc fut loué -à juste titre- durant l’hiver, avec cette double fessée infligée aux parisiens en championnat puis en coupe de la ligue. Groupe solide et talentueux, sa solidité a surtout été le fait d’un axe Diawara-Diarra-Gourcuff-Chamack de niveau international, formidable de régularité pour venir arracher ce titre de champion au terme d’une série historique de 11 victoires consécutives ! Notons également l’apport de ces deux excellents latéraux Trémoulinas (révélation de l’année en Aquitaine) et Chalmé. Cavenaghi, malgré une fin de saison gâchée par une blessure, aura longtemps joué le rôle de buteur providentiel. Wendel et Gouffran ont déçu, mais leur fin d’exercice laisse augurer d’une saison prochaine meilleure.
Car soyons clairs, Bordeaux sera attendu au tournant l’an prochain. Après la signature de Gourcuff, les dirigeants bordelais vont devoir batailler ferme pour conserver les éléments principaux du club convoités à l’étranger, Chamack en tête. Dégraisser sera également une priorité, Placente s’étant notamment révélé une arnaque de classe mondiale et Jurietti est vieillissant. Derrière le groupe ne semble pas dans l’urgence de se renforcer, si ce n’est au poste de gardien, là ou ni Ramé ni Valverde n’auront convaincu pleinement. Pour le reste ? Le centre de formation girondin fonctionnant à plein (Trémoulinas, Sertic, Ducasse, Traoré) pour fournir au groupe pro des joueurs de qualité, Laurent Blanc peut focaliser son mercato sur la recherche de joueurs de niveau Champion’s League, afin de cadrer aux ambitions déclarées du club de passer les phases de poules l’an prochain.
En attendant la confirmation, big up aux bordelais pour avoir, comme Marseille, eu l’ambition d’être efficients sur le plan comptable tout en appliquant une philosophie de jeu offensive et chatoyante. On y reviendra dans un prochain billet, mais c’est peut-être un des nombreux signes forts qui confirmeraient la théorie (comme l’expliquait déjà Daniel Riolo l’été dernier) selon laquelle la victoire de l’Espagne et de son jeu léché à l’Euro 2008 avait marqué une rupture avec l’austérité imposée par la double victoire française de 98 et 2000 : aujourd’hui pour gagner, il faut jouer.

2.Marseille :

Champions des matchs à l’extérieur, les hommes de Gerets regretteront longtemps leurs insuffisances à domicile, marquées au fer rouge en cette fin d’exercice par cette finale contre Lyon perdue 1-3. Mais la perte du titre dans la dernière ligne droite n’est en aucun cas un motif d’échec pour qualifier le parcours phocéen cette saison. Tout juste une déception, tout comme en coupe de l’Uefa où les olympiens ont été stoppé en quarts de finale par les futurs vainqueurs de Donetsk.
Pour le reste, Gerets peut partir la tête haute de la canebière. Après un mercato ambitieux, Ben Arfa en tête de gondole, et un début de saison tonitruant, les limites marseillaises vont se faire sentir très tôt notamment dans le secteur défensif : Erbate n’est pas au niveau, Zubar déçoit régulièrement, et devant Samassa n’aligne pas un pied devant l’autre et Koné parait mal à l’aise dans le costume de top buteur que l’exigence marseillaise veut lui imposer. Pour couronner le tout, Ben Arfa perd les pédales et son football dès l’automne et son refus d’entrée en jeu à une demi-heure du terme du match face au grand rival parisien (2-4). Autant dire que l’indisponibilité de leur serial buteur Niang au début de l’hiver apparut comme un signe de grandes déconvenues à venir pour les supporters phocéens.
Mais le mercato offensif des dirigeants olympiens, qui prenait à contre-pied la politique de dégraissage de ces rivaux bordelais (prêts d’Obertan et Marange) et lyonnais (résiliation du contrat de Fred aka la salope), allait changer la donne. Gerets récupérait pour l’occasion deux attaquants : le brésilien Brandao en provenance du futur adversaire européen du Shaktar Donetsk et le rennais Wiltord, en disgrâce du côté de Rennes. Si ces deux renforts ont d’emblée fait sourire des observateurs sceptiques (Brandao jugé trop lourd et pas assez technique, Wiltord trop vieux et en pré-retraite), ils ont en réalité marqué le renouveau du groupe marseillais. Brandao, après des débuts difficiles because manque de rythme dû à la coupure hivernale en Ukraine, aura équilibré l’attaque marseillaise en y apportant du poids et se révélant un bon premier défenseur, exerçant un pressing constant sur les premiers relanceurs adverses. Le bougre se permet même d’inscrire un joli total de 7 buts en 16 matchs de championnat, finissant troisième meilleur buteur du club derrière Niang et Koné (respectivement 13 et 9 pions). L’influence de Wiltord paraît plus sous-jacente -malgré des rentrées en jeu toujours correctes-, l’ancien international ayant plutôt mis à disposition de ses coéquipiers son expérience face à la pression et sa bonne humeur.
Grosso merdo une bonne saison donc pour Marseille, et de belles perspectives d’avenir : l’arrivée de Deschamps pour succéder à Gerets, Taiwo et Niang qui devraient rester, la possible explosion de Ben Arfa et le retour de Cissé de Sunderland. Non, je déconne.

3.Lyon :

La grande dépression pour le septuple champion de France. Si nous évoquions déjà la fragilité de Lyon dès la fin janvier et un mercato raté, qui aurait cru que les champions en titre auraient un tel passage à vide durant tout le printemps ?

Sans revenir en détail sur les saisons de l’échec lyonnais dans sa conquête d’un huitième sacre national, évoquons tout de même le départ de Fred qui aura isolé de façon tragique Benzema sur le front de l’attaque lyonnaise, et la déroute européenne au Camp Nou et cette leçon reçue par les catalans, 2-5, alors que le match aller avait laissé entrevoir un miracle. Derrière les lyonnais vont rester sonnés, et le point culminant de leur démobilisation sera cette défaite indigente à Valencienne, 0-2, puis la presque bagarre Puel-Fabio Santos qui s’ensuivra.

Néanmoins, Lyon n’aura pas explosé, et le match de Nantes (3-0) puis la belle victoire à Marseille (3-1) témoignent d’un groupe retrouvé et appliqué au moment d’aller chercher sa 3ème place synonyme de Champion’s League. Hasard des choses, ce retour à la normale coïncide avec le retour dans le groupe de Sidney Govou, taulier de cette équipe.

Au final, saison de transition durant laquelle Puel aura limité la casse sans pouvoir remettre en question le système lyonnais historique. Signe intéressant, le soutien d’Aulas au plus fort moment de la crise de résultats aura permis à Puel d’écarter les joueurs dont visiblement il ne veut plus, Grosso en tête. Les envies d’ailleurs évoquées pour Clerc, Reveillere ou Govou augurent d’un mercato agité et primordial pour l’avenir lyonnais dont la prochaine saison sans Juninho sera décisive.

4.Toulouse :

Gignac étincelant artificier (24 buts, olé !), Didot maitre à jouer efficace, et Carasso revenu à son meilleur niveau dans les cages ont conduit un groupe toulousain en Europa League. Casanova a bâti autour de cet axe fort un groupe de jeunes joueurs prometteurs (Sisshoko, Capoue) encadrés par des cadres revanchards après une saison l’an dernier catastrophique (Cetto, Congré, Mansaré). Sans parler de la révélation Braaten, excellent toute l’année. Une 4ème place méritée pour une équipe solide et efficace, qui aura notamment tapé chez elle le PSG et le futur champion de France au printemps. Respect.

Restera à confirmer l’an prochain. Première bonne nouvelle, les cadres devraient rester (Gignac l’a déjà confirmé), même si on pourra regretter le départ programmé de Jérémy Mathieu en fin de contrat au mois de juin.

5.Lille :

Les Dogues ont arraché leur qualif’ en Europa League à la dernière journée et à la faveur d’un 3-2 obtenu en fin de rencontre face à Nancy, comme un symbole de l’abnégation et de la combativité qui a animé le groupe de Rudy Garcia toute la saison. La recette lilloise ? Une défense solide avec un axe Rami-Plestan de niveau A’, une ligne de 5 milieux de niveau européen (Bastos-Balmont-Mavuba-Cabaye-Obraniak) qui fait oublier une attaque quelque peu décevante.

Mais Bastos reste, le génial Hazard devrait éclater, le stade arrive doucement, et Garcia est un entraineur jeune et prometteur. Les signes sont au vert pour que les Dogues lillois étoffent leur pedigree ces prochaines saisons.

6.Paris :

La déconfiture parisienne, qui aura craqué sur la fin de saison quand Hoarau s’est blessé et que les conflits internes ont culminé (l’annonce de la non reconduction du contrat de PLG, les piques de Mak’ et Le Guen dans la presse). Le manque de banc et l’absence d’ambition dans le jeu de Paul Le Guen auront finalement eu raison de l’ambition européenne du club, qui devra se contenter d’une saison uniquement nationale l’an prochain. Une bonne nouvelle pour permettre à Kombouaré de s’installer dans son nouveau fauteuil de coach de la capitale ? Peut-être. Surtout qu’à sa décharge, le néo coach parisien devra conjuguer avec une foule de départs annoncés (Landreau, Rothen, Luyindula, et Sessegnon ?) et une enveloppe budgétaire qui s’annonce relativement famélique. Paris, la dépression chronique d’un grand club à la française. Mais quelle putain de loose de se faire déposer par Toulouse et Lille à la différence de but.

7.Rennes :

Européen au moment de la trêve hivernale, le club breton est le grand perdant des outsiders. Entre une lente mais certaine dégringolade au classement et une finale historique de coupe de France perdue face à Guingamp, les hommes de Lacombe pourront nourrir de gros regrets à l’heure du bilan. Certes, la grave blessure de Briand à un moment décisif de la saison aura pénalisé le collectif rennais, mais il y a avait la place de faire beaucoup mieux.

Désavoué par la direction du club, Lacombe sera remplacé à priori par Antonneti la saison prochaine. Et rien que pour ça, Rennes devra être suivi de près. Pour ça, et Pagis et Leroy.

8.Auxerre :

La surprise ! Les bourguignons à la peine en décembre, avec une une attaque en berne et un projet de jeu presque inexistant ont pourtant fini en boulet de canon, ne perdant plus -ou peu-, et gagnant des matchs de prestige à Lyon et au Parc des Princes. L’occasion de saluer le travail de Jean Fernandez, discret mais efficace entraineur, et les renaissances de Jelen et Kahlenberg ainsi que la bonne saison du régulier ex-wonderkid Pedretti.

Pour la suite, c’est le brouillard. Ah si, Kahlenberg est déjà partant pour Wolfsburg, le nouveau champion d’Allemagne. Courage, Jean.

9.Nice :

L’équipe passée du statut de surprise potentielle à celui d’équipe de touristes. Et ce sentiment que la défaite en demi-finale de coupe de la Ligue face à Vannes (Ligue 2) a fait imploser le groupe niçois, cassant notamment un ressort entre le coach et ses joueurs, dans un climat de lassitude et d’agacement latent. Inéluctablement, cela a poussé le coach corse vers la fuite, arguant d’un manque de moyens et d’un nouveau stade qui tarde trop à sortir du sol.

Malgré tout une saison très correcte pour les azuréens, à qui on prédisait bien plus de difficultés après les dépars de Lloris, Balmont et Koné l’été dernier. La question à 1 000 euros : quel grand club va venir chercher Loïc Rémy cet été ?

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Une réponse à “Ligue 1 Orange : le bilan final, partie 1.

  1. Paris reste encore pour moi le gai luron de la ligue 1 sur qui les railleries vont pouvoir se poursuivre pendant un petit moment ^^

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